Les 25 ans de l'AGAPE

Pour fêter nos 25 ans, venez découvrir les principaux faits marquants de notre structure : 25 études, projets et sites emblématiques seront détaillés tout au long de l'année.

1993 | An 1 : 1er recollement transfrontalier - Le transfrontalier, à l'ère du paléolithique

Premier recollement de cartes papier transfrontalières en 1993 | Cliquer pour agrandir

En 1985, la France, la Belgique et le Luxembourg signent une "Déclaration commune pour un Pôle européen de développement (PED)", visant, par un programme d'action sur 10 ans, à "faire de trois culs-de-sac un carrefour".

L'objectif principal est de créer 8 000 emplois sur les 3 pays et de reconvertir une partie des anciens sites sidérurgiques.

Côté français, la Mission Interministérielle du PED est chargée de promouvoir ce projet.

Au cours de cette période (début des années 90), le District du Bassin de Longwy, qui regroupe alors 6 communes, élabore un Programme Local de l'Habitat, et parmi les recommandations figure la création d'une structure d'observation de l'habitat.

De ce double défi, est né en 1993 l'Observatoire de l'Urbanisme, de l'Habitat et du Logement du Bassin de Longwy.

A cette époque, les cartes éditées par chacun des 3 pays s'arrêtent peu après la frontière et aucune ne permet d'avoir une vision globale de ce territoire d'environ 20 km autour du Point Triple.

Une carte est alors "bricolée" à partir du découpage de cartes papier... notre première carte transfrontalière !

Rapidement, l'Observatoire va s'orienter vers une nouvelle technologie numérique en développement : le Système d'Information Géographique (SIG). Le premier SIG transfrontalier se met donc en place, grâce à la coopération entre les équipes de l'Observatoire en France, celle d'Idélux en Belgique et celle du Ministère de l'Aménagement du Territoire luxembourgeois. Le défi est de mettre en cohérence 3 systèmes de coordonnées différentes, puis d'alimenter le SIG en données géographiques et alphanumériques communes et cohérentes.

25 ans après, le SIG est devenu un outil incontournable dans nos métiers. Il est au cœur de nos activités : plus de 50 jeux de données avec près de 200 couches différentes sont utilisés en permanence dans nos observatoires, projets urbains, élaborations des documents d’urbanisme et études.

1994 | An 2 : le Tableau de bord de l'Habitat, les débuts de l'observation territoriale

En 1994, l'Observatoire de l'Habitat a publié le Tableau de Bord de l'Habitat. Ce recueil de fiches est le "premier outil d'observation mis en place à l'échelle du Bassin [de Longwy]. C'est un outil d'aide à la décision dont l'objectif à moyen terme est de définir, mesurer, hiérarchiser et synthétiser les contraintes qui caractérisent les évolutions futures du marché du logement et les capacités des dispositifs actuels d'en traiter les dysfonctionnements".

Notre territoire d'observation regroupait alors 18 communes, pour 56 000 habitants et 23 500 logements. En 2018,  ce sont à présent 122 communes qui composent le territoire de l'Agape, avec 180 000 habitants et 87 800 logements.

L'analyse du recensement de 1990 faisait apparaître une forte baisse de la population, puisque le Bassin avait perdu plus de 20% de sa population depuis 1975. Depuis, la tendance s'est inversée avec une augmentation de la population de 4%, tant sur le Bassin de Longwy que sur la Lorraine Nord.

Dans le Bassin de Longwy, la construction neuve était en dessous de la moyenne régionale. Aujourd'hui, en Lorraine Nord, elle est même supérieure à la moyenne de la région Grand Est.

En 1994, la publication était réalisée avec la participation de deux partenaires (la Mission Interministérielle du Pôle Européen de Développement et la Familiale du Nord-Est). Aujourd'hui, l'Observatoire Partenarial de l'Habitat fonctionne autour de 3 groupes de travail, réunissant des acteurs locaux de l'habitat, parmi une centaine de partenaires potentiels identifiés.

En 25 ans, nos méthodes de travail ont bien sûr beaucoup évolué. Ce Tableau de bord avait été réalisé en interne, à partir de l'analyse du recensement, qui était à l'époque sous forme de fascicule papier. Aujourd'hui, avec DATAgences, nous avons accès plus facilement et plus rapidement à un volume de données beaucoup plus important qu'en 1994.

En 2018, plusieurs publications issues de l'Observatoire Partenarial de l'Habitat seront disponibles, notamment sur la vacance, la dynamique du marché de l'habitat, et un nouveau tableau de bord sera édité.

1995 | An 3 : le premier InfObservatoire

L'évolution de notre publication-phare : du premier au plus récent des InfObservatoires

Publié en 1995, le  premier InfObservatoire était signé par Jean-Paul Durieux, député-maire de Longwy, président (et initiateur) de l'Observatoire de l'Urbanisme. Cette publication comportait alors un compte-rendu de nos activités, la présentation d'un de nos partenaires et un article issu de nos Observatoires, le tout sur 6 pages. Le premier article sur les Observatoires tenait sur 2 pages et abordait "les besoins en logements à horizon 2020, sur les communes du Bassin de Longwy".

Depuis, ce sont 36 numéros de notre publication-phare qui ont été publiés, dont le dernier en juin 2017 consacré au "foncier économique à l'heure des SCoT".

Et la formule a bien évolué ! Rapidement, notre publication s'est centrée sur de vrais sujets de fond et s'est beaucoup étoffée (jusqu'à 36 pages pour certains numéros). Le compte-rendu de nos activités, qui y figurait sous forme d'agenda, est à présent repris sur notre page Facebook et sur notre site internet.

Certains thèmes sont devenus récurrents : recensement, déplacements, Système d'Information Géographique, ainsi que l'Observatoire des zones d'activités, qui en est à son 4ème millésime (2006, 2008, 2012, 2016).

Et si, en 2018, les InfObservatoires continueront de grandir, ils vont également voir naître une petite soeur : les Exploratoires. Publications complémentaires des "InfObs'", ils proposeront un focus sur une problématique d'actualité ou d'avenir.

Retrouvez tous les InfObservatoires sur notre site internet

1996 | An 4 : Avant/après | le quartier de Gouraincourt, des cités ouvrières aux pavillons

Rue Jules Méline à Gouraincourt (Longwy), rephotographie 1996-2018, photos AGAPE

Dès sa création, l'Observatoire a eu en charge l'instruction des dossiers PACT Urbain (Programme d'Aménagement Concerté du Territoire), pour le Bassin de Longwy. Plus d'une cinquantaine de projets de requalification urbaine ont ainsi été programmés, entre 1994 et 1997, représentant 50 millions de Francs (7,2 millions d'Euros), financés par l'Etat et la Région, et par des fonds européens FEDER Objectif 2. Parmi ces projets, revenons sur le quartier de Gouraincourt.

Construits en 1932, plus d'une centaine de logements des cités ouvrières du quartier de Gouraincourt à Longwy étaient devenus vétustes. Les immeubles des rues Jules Méline et Clémenceau étaient peu confortables (absence de chauffage et de salle de bains), et situés dans des rues en pente peu accessibles. Dès les années 1970, la question de la démolition était posée pour une partie de ces logements difficilement réhabilitables.

D'autre part, une forte demande de pavillons émergeait alors. Après plusieurs études réalisées sur le quartier par différents bureaux d'études, l'Observatoire de l'Urbanisme est sollicité en 1996 pour proposer un aménagement de ces rues après démolition, dans le cadre du programme PACT Urbain.

Un belvédère, une petite place et des parcelles pour des logements individuels et des petits collectifs sont alors proposés.

22 ans après, ces cités ont fait place à une dizaine de pavillons individuels et quelques logements collectifs.

Mais c'est toute la zone alentour qui a également beaucoup évolué depuis, avec la construction de collectifs, de la zone artisanale du Petit Breuil, du cinéma, et du lotissement du Bois de Châ, comme on peut le constater sur l'animation avant/après ci-dessous.

Ce type de quartier à très riche valeur patrimoniale, mais à très forte densité, pose la question de son adaptabilité aux besoins d'aujourd'hui en termes de confort du logement, d'espaces extérieurs, d'espaces publics. Des défis à relever pour ces cités que l'on retrouve beaucoup sur le territoire de la Lorraine Nord ! A proximité de services, d'équipements et de commerces, nos cités sont-elles les éco-quartiers de demain ?

Aujourdhui, l'AGAPE poursuit son accompagnement des collectivités locales dans leur réflexion sur les projets urbains, dans une démarche appelée "EnVies de Quartier".

1997 | An 5 : le Point Triple, ou comment imaginer un aménagement transfrontalier

En 1997, dans le cadre de ses travaux pour l'Association Transfrontalière du Pôle Européen de Développement, l'Agape, alors l'Observatoire de l'Urbanisme, met en évidence que la zone du "Point Triple" (située à la jonction des 3 frontières, sur le ban communal de Mont-Saint-Martin, Aubange et Pétange) est "l'espace de convergence naturelle des dynamiques de croissance transfrontalières".

Dès lors, une réflexion émerge pour aménager cette zone, qui représente un territoire transfrontalier d'environ 70 hectares. L'idée est de relier les 3 pans français, belge et luxembourgeois, dans un aménagement cohérent, pouvant accueillir des activités, principalement tertiaires.

L'Observatoire propose donc les premières esquisses d'aménagement de cette zone. Autour de la table sont réunies une quinzaine de structures des 3 pays : l'équipe technique de l'Association Transfrontalière du PED, 3 ministères luxembourgeois et 1 belge, la DDE, les gestionnaires de réseaux et le District de l'Agglomération de Longwy côté français, et les communes limitrophes.

Après de nombreuses réunions techniques, le projet est approuvé par les différents partenaires et un financement européen est sollicité. Le premier bâtiment à sortir de terre est le "Centre de Support Télématique", premier d'une série de 3 bâtiments identiques, qui doivent jalonner un espace vert central partant de Belgique, vers la France, pour rejoindre le versant luxembourgeois. Le projet prévoit également une passerelle permettant d'enjamber la Chiers et la voie ferrée Longwy-Luxembourg, pour atteindre une nouvelle halte ferrovaire à Pétange.

Malheureusement, en 1999, alors que les travaux sont prêts à s'engager dans chaque pays, le projet de liaison ferroviaire "Athus-Meuse" vient compromettre le projet "Point Triple", puisque la ligne empreinte les emprises prévues pour les dessertes routières.

L'Association Transfrontalière du PED se mobilise pour proposer une alternative au tracé de cette liaison et pouvoir poursuivre le projet Point Triple. En vain...

La ligne ferroviaire destinée principalement au fret est réalisée. Le projet est alors définitivement abandonné, et depuis, chaque pays peine à aménager les parcelles enclavées de part et d'autre. Seuls quelques bâtiments d'activité, côté belge, ont pu être construits puisqu'ils sont les seuls à pouvoir être desservis par les voies routières existantes.

20 ans plus tard, force est de constater que les aménagements urbains transfrontaliers ne sont toujours pas légion en nord lorrain, mais petit à petit, la planification transfrontalière fait son chemin, tant à l'échelle locale (réflexion en cours sur Alzette-Belval avec l'appui de l'Agape) que "grand-régionale" (projet de Schéma de Développement Territorial de la Grande Région, pour lequel l'Agape s'est déjà impliquée).

Projet Point Triple

1998 | An 6 : 15 communes pour un "contrat territorial"

Début 1998, 15 communes du Bassin de Longwy se sont associées pour définir ensemble un programme de travail ayant un double objectif :

  • définir un projet d’agglomération,
  • proposer une programmation dans le cadre du Contrat de Plan Etat-Région (2000-2006).

Toute l'équipe de l'Observatoire - qui comptait à ce moment-là 10 personnes - a été très fortement mobilisée pour préparer et animer la vingtaine de réunions qui a eu lieu au cours de l’année 1998, associant de très nombreux élus et techniciens du territoire, ainsi que différents partenaires (DDE, IDELUX, SNCF…).

6 thèmes de réflexion ont été constitués :

  • Zones d’activités
  • Schéma d’urbanisme commercial
  • Infrastructures
  • Valorisation des friches
  • Grands équipements publics
  • Logement

L'Observatoire de l'Urbanisme (devenu Agence d'Urbanisme en 2000) a ensuite poursuivi l'accompagnement des collectivités locales, dans la perspective de la préparation des contrats de ville et des contrats d’agglomération, mis en place dans le cadre du Contrat de plan Etat-Région.

Ses missions ont consisté :

  • en une mission d'assistance auprès de l'ensemble des partenaires impliqués dans la concertation,
  • à l'élaboration du Contrat Territorial, dans ses volets aménagement durable (fonds de vallées, centre d'agglomération, communes sidérurgiques et minières, communes rurales), développement économique et cohésion sociale, notamment par le biais des études préalables aux opérations de rénovation urbaine du coeur d'agglomération.

En mai 2003, ce travail de longue haleine a abouti à la signature, à la Communauté de Communes de l'Agglomération de Longwy, d'un des Contrats Territoriaux les plus importants de Lorraine. 91 millions d'euros de financements furent destinés à financer une trentaine d'actions différentes (friches, zones d'activité, renouvellement urbain, médiathèque intercommunale, gens du voyage,...). Les collectivités locales avaient à charge 20% des financements, les 80% restant étant financés par l'Etat, la Région, le Département, et les fonds européens.

Un accent particulier avait été mis sur le Coeur d'Agglomération, avec 12 millions d'euros pour des projets de renouvellement d'un secteur allant de Réhon/Briqueterie, à Senelle, en passant par Longwy-Bas, et le secteur du Tramway.

En 2018, l'Agglomération de Longwy s'est dotée d'un nouveau Projet de territoire, pour lequel l'Agape a joué le rôle de structure experte, en appui des élus locaux et du bureau d'études retenu pour le projet (à l'instar du Projet de territoire Orne Lorraine Confluences).

En revanche, l'Agence accompagne toujours fortement la mise en oeuvre de projets concrets, dont certains ont été initiés lors du Contrat territorial : vallée de la Moulaine, quartier gare-Senelle, secteur STUL, valorisation des sentiers et du patrimoine, etc.

1999 | An 7 : Avant/après | de la Place Jeanne d'Arc à Réhon... à la Briqueterie

En 1999, dans le cadre du Contrat Territorial, l'Observatoire de l'Urbanisme a accompagné la commune de Réhon pour l'aménagement d'une place située dans le quartier Jeanne d'Arc.

Le projet réalisé par l'Observatoire consistait à redéfinir l'espace public, à créer du stationnement, et à mettre en valeur la statue de Jeanne d'Arc, qui était alors située dans le talus.

La nouvelle place se compose de cercles concentriques qui permettent de jouer avec différentes hauteurs, matériaux et fonctions (stationnement, circulation, piédestal)... et au-delà, d'amorcer un accès futur à la friche attenante.

Car en effet, cette place jouxte la friche de la Briqueterie, un ancien site industriel d'environ 3 ha, situé sur les bans communaux de Réhon et Longwy. Cette friche est identifiée dans le Coeur d'Agglomération, un des projets-phare du Contrat Territorial. Elle a fait l'objet d'un traitement par l'EPFL en 2015, avec une dépollution partielle, un préverdissement et une remodélisation du terrain.

La Ville de Longwy a sollicité à plusieurs reprises l'Agape en amont pour définir un projet d'aménagement de cet espace, et l'accompagner dans le suivi des études de définition.

En 2018, l'Agape accompagne toujours les villes de Longwy et Réhon, notamment pour l'écriture du cahier des charges de consultation des aménageurs.

Tous les équipements (école, commerces, gares, piscine) sont à proximité, un endroit idéal pour créer de l'habitat mixte, et donner une nouvelle image au quartier Jeanne d'Arc.

Le projet sur ce site de la Briqueterie est à présent à mettre en perspective dans la réflexion globale de développement de Longwy-Bas (découverture de la Chiers, quartier Senelle, halle Montanari,...).

2000 | An 8 : L'Atlas de l'Agglomération Transfrontalière du PED et la transformation en Agence d'Urbanisme

En 2000, l'Association Transfrontalière du Pôle Européen de Développement publie l'Atlas de l'Agglomération Transfrontalière. Pour la première fois, un document unique présente l'histoire de ce territoire commun (de l'Âge de pierre jusqu'à l'année 2000), sa démographie, ses caractéristiques et regroupe des informations pratiques sur les 25 communes qui le constituent.

Tiré à 3 500 exemplaires, ce document se veut un guide pratique destiné aux populations résidant sur le territoire transfrontalier, dans le but de le faire connaître et de renforcer le sentiment d’appartenance à un territoire commun.

L'Atlas d'Agglomération a été conçu et réalisé par l'équipe technique de l'Association Transfrontalière de l'Agglomération du Pôle Européen de Développement, constitué des structures suivantes :

  • Idelux (Belgique),
  • l’Observatoire de l'Urbanisme de l’Agglomération du Pôle Européen de Développement (France),
  • le Centre d’Animation Globale Lorrain - CAG.Lor (France),
  • le Centre d’Etude de Populations, de Pauvreté et de Politiques Socio-Economiques / International Networks for Studies in Technology, Environment, Alternatives Development - CEPS/INSTEAD (Luxembourg),
  • le Ministère de l'Aménagement du Territoire (Luxembourg),

et avec l'aide des services administratifs et techniques des communes de l'agglomération, des organismes statistiques nationaux, et d'organismes publics ou privés.

Pour consulter l'Atlas du PED...

Mais 2000, c'est également l'année de transformation de l'Observatoire de l'Urbanisme en Agence d'Urbanisme.

Dès 1997, deux Comités interministériels d'aménagement et de développement du territoire (CIADT) approuvaient la création d'une agence d'urbanisme sur l'agglomération de Longwy. Les procédures d'instruction et les modifications statutaires nécessaires ont abouti en juillet 2000 à la constitution de l'AGAPE, Agence d'Urbanisme de l'Agglomération du Pôle Européen de Développement.

Ce statut nous a permis d'intégrer la Fédération Nationale des Agences d'Urbanisme (FNAU) et a impliqué la définition d'un Contrat d'Objectif avec l'Etat, identifiant un certain nombre de missions :

  • missions d'observation (socio-démographie, logement, activité-emploi),
  • missions permanentes (Contrat d'Agglomération, Contrat de Ville, informatisation des POS),
  • missions spécifiques (élaboration des nouveaux Schémas de Cohérence Territoriale, aménagement de quartiers, Programme Local de l'Habitat, évaluation des friches,...).

18 ans plus tard, l'Agape est devenue l'Agence d'urbanisme et de développement durable Lorraine Nord, compte près d'une cinquantaine de membres, et interagit sur une aire d'intervention allant du nord lorrain à la Grande Région transfrontalière, en passant par la Meurthe-et-Moselle et la Région Grand Est.

2001 | An 9 : L'Observation du marché du logement

En 2001, l'Agape publie le 8ème numéro de son InfObservatoire, dédié aux "Actes de mutation sur l'agglomération de Longwy entre 1996 et 1999".

Il correspond à l'actualisation d'une étude publiée en 1998 sur le même sujet. Cette étude est le fruit d'un travail long et fastidieux, puisqu'il fallait alors consulter, au Centre des Impôts de Briey, toutes les Déclarations d'Intention d'Aliéner. Celles-ci permettaient d'observer les fluctuations du marché immobilier et d'avoir une bonne connaissance du nombre de transactions réalisées.

L'InfObservatoire fait apparaitre qu'avant 2000, la plupart des acquéreurs sont des résidents de l'agglomération de Longwy, les acquéreurs belges et luxembourgeois sont marginaux.

Depuis la publication de ces résultats, l'Agape a continué à observer le marché immobilier, avec des méthodes et des sources de données qui ont aussi évolué. A présent l'analyse se fait à partir des données des Déclarations de Valeurs Foncières (DVF), qui recensent l'exhaustivité des transactions immobilières, mais ne couvrent pas l'Alsace-Moselle. Ces données sont donc complétées sur le versant mosellan par celles issues des actes notariés (fichier PERVAL).

En une quinzaine d'années (1999-2016), le prix moyen d'une maison (tous biens confondus) a doublé, sous l'effet de la dynamique transfrontalière, qui a favorisé le développement résidentiel.

En effet, avec l'accroissement des travailleurs frontaliers, et l'installation de Belges en France, de nombreux lotissements se sont construits dans les années 2000 et 2010. Cette multiplication des lotissements a provoqué une forte montée des prix, favorisant l'étalement urbain.

Cette dynamique provoque également un effet de "rupture sociale" entre frontaliers et non-frontaliers, ces derniers ayant de plus en plus de difficultés pour accéder à la propriété.

En réponse à ces problèmes, les territoires se sont engagés depuis dans des politiques de l'habitat, avec l'accompagnement de l'Agape :

  • Programme Local de l'Habitat (PLH) sur la Communauté d'Agglomération de Longwy,
  • PLH puis Plan Local d'Urbanisme intercommunal Habitat (PLUi-H) sur la Communauté de Communes du Pays-Haut Val d'Alzette,
  • PLUi-H sur Orne Lorraine Confluences.

Depuis peu, l'Agape propose également des stratégies de reconquêtes du tissu urbain de ces territoires, avec le projet "stratégie foncière". Cette expérimentation vise à créer des outils d'aide à la décision, en identifiant et caractérisant le potentiel foncier, au regard des enjeux urbains et de sa mutabilité.

Rendez-vous vous est donné en fin d'année 2018 pour découvrir notre nouvelle étude sur le marché immobilier, et également pour les premiers résultats sur la stratégie foncière.

2002 | An 10 : l'émergence du projet Belval

En 1997, l'usine sidérurgique de Belval-Ouest au Luxembourg a cessé définitivement sa production. Dès lors, une réflexion a été engagée pour reconvertir ce site de 120 ha, en un nouveau quartier d'habitat et d'activité.

Afin de mettre en oeuvre cette reconversion, la société de développement Agora a été fondée conjointement par l'Etat luxembourgeois et le groupe sidérurgique Arbed (aujourd'hui Arcelor Mittal), en 2000. Agora engage rapidement un concours de définition du schéma d'aménagement de la friche de Belval, qui aboutit à un masterplan en 2001.

Dès 2002, l'Agape a joué un rôle de lanceur d'alerte pour informer les collectivités locales, départementales, régionale et nationale, de l'ampleur des changements que pouvait induire le développement de Belval, notamment en termes de déplacements.

Le projet d'aménagement de Belval ambitionne l'équivalent de 25000 actifs occupés et 7 000 habitants, répartis au sein d'un programme de plus de 1,25 millions de mètres carrés.

L'investissement de l'Etat luxembourgeois dans les bâtiments publics est évalué à 1 milliard d'Euros sur une période d'environ 10 ans, compte non tenu des infrastructures d'accès au site, routières, autoroutières et ferrées …

Les travaux ont démarré en 2003 avec la construction du premier bâtiment : la tour Dexia.

Ce que l'Agape annonçait en 2002

"Il faut prendre la mesure de ce que représenteront ces 25 000 emplois sur 50 hectares en termes de flux migratoires en regard des 56 000 frontaliers lorrains aujourd'hui répartis sur l'ENSEMBLE du territoire luxembourgeois.

Il convient également de mesurer l'ampleur des impacts du projet en comparaison des flux de frontaliers belges travaillant à Luxembourg, représentant l'équivalent des emplois localisé à Belval (27 000 travailleurs frontaliers actuellement).

Enfin, on peut également évaluer l'ampleur du projet à travers une comparaison simple : 25 000 actifs occupés correspondent à une agglomération de 80 000 habitants qui se "glisse" dans les tissus urbains existants ; c'est l'équivalent de l'agglomération de Longwy - Villerupt."

@ Carlo Hommel pour Agora

En 2018, la friche a laissé la place à un quartier urbain moderne qui rassemble des bâtiments d'activité, des bâtiments publics, de loisirs (un cinéma, une salle de spectacles, des restaurants), des commerces, des logements, un parc, ainsi que l'Université du Luxembourg qui accueille 3 500 étudiants.

Côté français, les collectivités locales se sont mobilisées et les premiers bâtiments d'une éco-cité commencent à sortir de terre. (Retrouvez notre article sur le sujet dans quelques semaines.)

Quant aux frontaliers, en comparaison des 56 000 de 2002, ils sont aujourd'hui 98 000 à venir de France... et seront peut-être 150 000 d'ici 2035. Voir l'InfObservatoire n°38 | Le transfrontalier dans tous ses états ?

Aujourd'hui, l'Agape continue de suivre l'évolution de ce site unique au Grand Duché.

2003 | An 11 : l'extension territoriale de l'Agape

A sa création, le territoire de l'Observatoire de l'Urbanisme ne couvrait que les communes du Bassin de Longwy. Avec sa transformation en 2000 en "agence d'urbanisme", l'Agape étend son aire d'intervention aux communes de la Vallée de l'Alzette.

Au fil des ans, l'équipe s'étoffe peu à peu (2 personnes en 1993, 12 personnes en 2003), et développe de nouvelles compétences. De nouveaux territoires se tournent dès lors vers notre agence.

En 2003, ce sont 4 communautés de communes qui adhèrent à l'Agape : celles des Deux Rivières, du Pays Audunois, du Pays de Briey et du Pays de l'Orne.

Depuis 2015, notre territoire d'intervention couvre tout le Pays-Haut, soit environ 1 000 km² et 180 000 habitants.

Aujourd'hui, 49 structures sont membres de notre agence d'urbanisme : l'Etat, 5 intercommunalités, 23 communes, la région Grand-Est, le département 54, le Pôle Métropolitain Européen du Sillon Lorrain, le Syndicat Mixte du SCoT Nord 54, l'Etablissement Public Foncier de Lorraine, l'Etablissement Public d'Aménagement Alzette-Belval, le Syndicat Mixte Intercommunal des Transports de l'Agglomération de Longwy, ainsi que 13 membres associés.

Pour en savoir plus, consultez nos pages Découvrir l'Agape et La gouvernance

2004 | An 12 : Senelle et la Vallée de la Moulaine

En 1998, le Contrat Territorial de l'Agglomération de Longwy avait acté de faire de l'aménagement du Coeur d'Agglomération une priorité. La gare de Longwy représentait déjà une véritable opportunité, largement sous-exploitée, pour développer la mobilité vers le Luxembourg et plus particulièrement vers Belval.

C'est dans ce contexte, qu'émerge, dans les années qui suivent, le projet d'aménagement du quartier de Senelle. La vaste friche se situe idéalement en limite de centre-ville de Longwy-Bas, avec un accès à la gare. Une partie de la vallée est d'ores et déjà destinée à l'accueil d'un golf intercommunal.

En 2004, à la demande de la Ville de Longwy, l'Agape présente une esquisse d'aménagement de la friche industrielle de Senelle, comprenant des logements, des espaces publics, des espaces de loisirs et d'activité. Cette esquisse permet le lancement d'un marché de définition, qui est attribué à l'agence d'architecture VDDT. C'est le point de départ de 4 ans d'études, dont les principes d'aménagement sont centrés sur :

  • l'aspect environnemental, avec la découverture de la Moulaine,
  • un espace public majeur en lien avec la gare,
  • la mise en valeur de l'entrée de ville,
  • le développement d'un quartier résidentiel, de type "parc habité".

Malheureusement, le contexte politique et financier ne permet pas de faire aboutir ce projet. Au fil des ans, de nombreuses études sont menées sur le coeur d'agglomération et plus largement sur la vallée de la Moulaine, et l'Agape apporte son expertise sur le sujet.

Depuis 20 ans maintenant, le site de Senelle et la Vallée de la Moulaine témoignent de la difficulté d'aménager un coeur d'agglomération.

Aujourd'hui, l'Agape reste mobilisée pour accompagner la Communauté d'Agglomération de Longwy et les communes dans leurs études et projets, afin d'avoir une vision d'ensemble des enjeux.

L'aménagement de la Vallée de la Moulaine a été identifiée comme une priorité intercommunale, dans le Projet de Territoire de la CAL. En 2018, Longwy est lauréate de "l'Action Coeur de ville", destinée à redynamiser les centres-villes.

Un projet de longue haleine, doté d'un nouveau cadre et de nouvelles pistes qui permettront, espérons-le, d'aboutir à l'aménagement de ce quartier...

Ce qui a changé depuis 2004

2005 | An 13 : la traversée de Jarny

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En 2005, l'Agape a été sollicitée par la Communauté de Communes du Jarnisy pour l'accompagner dans sa réflexion sur les entrées de villes et traversées d’agglomération. L’étude spécifique de plusieurs secteurs particuliers a permis de dégager des principes d’aménagement : statut des voiries et circulations piétonnes, mobilier urbain, éclairage…

Le secteur du Square Giacometti a fait l'objet d'un projet spécifique, lié aux réflexions sur le transfert du supermarché Intermarché. L'Agape avait alors proposé un aménagement urbain et des îlots de logements, avec rez-de-chaussée commercial.

L'Agape a continué à accompagner, notamment via des esquisses, les différentes étapes de la réflexion pendant les années qui ont suivi.

Jarny | le square Giacometti en 2005 et la Maison d'Elsa en 2018

Depuis, le Square Giacometti a été partiellement utilisé pour y implanter un équipement d'importance : la Maison d'Elsa, qui rassemble la médiathèque et le théâtre.

Aujourd'hui, l'Agape accompagne la Communauté de Communes Orne Lorraine Confluences pour la réalisation de son PLUiH. Dans ce cadre, une Orientation d'Aménagement et de Programmation (OAP) est en cours d'élaboration sur la traversée de l'agglomération.

2006 | An 14 : un nouvel observatoire à l'Agape - les zones d'activité à la loupe

En 2006, et après quasiment un an de construction, l'Agape a publié son premier InfObservatoire sur les Zones d'activité (InfObservatoire n°21 sur les ZA de l'arrondissement de Briey).

Pour la première fois, l'Agape a réalisé un inventaire des zones d'activité inscrites dans les POS/PLU des communes. Particulièrement attendu par la CCI54 qui en avait un de ses axes de partenariat avec l'Agape, ce travail de fourmi, s'apparentant parfois à de véritables fouilles archéologiques (les informations se résumant souvent à des documents papiers disséminés ci et là, et non mis à jour), a enfin permis d'avoir une véritable vision d'ensemble du territoire, des analyses fines par intercommunalité, et une base SIG digne de ce nom.

Les zones d’activité, poumons du développement économique, concentraient sur l’arrondissement de Briey, plus de 12 000 emplois sur 850 ha, soit 1 emploi sur 3.

Et déjà en 2006, le développement des zones du Kirchberg (censé accueillir 35 000 emplois en 2020), la Cloche d’Or (30 000 emplois), ou Belval (20 000 emplois) était annoncé. L'Agape posait alors ces questions :

  • quels types d’activité et quelles densités d’emploi souhaitons-nous développer sur les 500 ha disponibles sur l’arrondissement de Briey ?
  • les différentes collectivités sont-elles toutes à même de répondre aux défis économiques de demain ?

Depuis 2006, l'Observatoire des zones d'activité est régulièrement mis à jour et permet de suivre l'évolution de l'emploi et des disponibilités dans ces zones.

En 2018, cet Observatoire a été un des outils clés pour répondre à l'une des missions confiées par l'Etat à l'Agape dans le cadre de la mission de co-développement franco-luxembourgeoise pilotée par le Préfet de la Région Grand Est, quant à la connaissance du foncier économique en nord lorrain.

2006 | infObservatoire n°21

En 2006, 79 zones d'activité accueillent 12 300 emplois, dans 475 entreprises, sur 716 ha, sur l'arrondissement de Briey.

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2009 | infObservatoire n°25

En juin 2008, la Lorraine Nord recense 103 zones d'activité exploitées, 13 000 emplois et 670 entreprises répartis sur 728 ha.

Depuis 2006, le périmètre d'étude de l'AGAPE s'est étendu à la CC du Pays-haut Val d'Alzette, les galeries marchandes ont été intégrées, et un ajustement des surfaces réellement disponibles a été effectué.

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2013 | infObservatoire n°32

Lors de l'actualisation des zones de 2012, la Lorraine Nord compte 98 zones d'activité, accueillant 11 950 emplois et 687 entreprises, sur 793 ha.

En 2013, le SCoT Nord 54 et le SCoT de l'Agglomération Thionvilloise entrent en phase de finalisation, se pose alors la question de l'optimisation des espaces à vocation d'activité.

Cette publication est également l'occasion d'investiguer de nouvelles thématiques sur l'équipement des zones d'activité (mobilités, réseaux, nouvelles technologies de l'information et de la communication).

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2018 | infObservatoire n°37

En 2016, la Lorraine Nord compte 141 zones d'activité, avec 13 150 emplois et 735 entreprises, sur 927 ha.

L’optimisation des espaces à vocation d’activité est désormais au coeur des politiques économiques du territoire, suite à l'approbation du SCoT Nord 54 et du SCoTAT.

Ces politiques intègrent notamment la question du rééquilibrage entre le développement de l’emploi en tissu urbain et en zones périphériques, impliquant une meilleure maitrise du foncier dédié aux zones d’activité.

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